Transformer Gaza en “côte d'Azur du Moyen-Orient” après avoir déplacé la population de l’enclave vers d’autres pays est une idée qui en a choqué plus d’un.
Le président américain, Donald Trump, a fait part de sa proposition, pour la deuxième fois, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, mardi à Washington.
Pourtant, le plan est loin d’être nouveau. Le gendre du nouveau locataire de la Maison Blanche et son ancien haut conseiller pour la politique extérieure, Jared Kushner, y avait déjà pensé.
L’agent immobilier revient à la charge
Il y a un peu moins d’une année, les réponses de Jared Kushner, interviewé pour l'université d'Harvard, ont provoqué un tollé au sein de l’opinion publique américaine.
Cinq mois après le lancement de la guerre israélienne sur le territoire assiégé de Gaza, Kushner avait déjà des rêves immobiliers de “transformer” la région.
Au détour d'une question, cet ancien magnat de l'immobilier expose une idée qui, pour le moins, manque totalement d’empathie envers les Palestiniens de Gaza.
“Je suis assis à Miami Beach en ce moment... et quand je vois la situation là-bas, je m'interroge : Si j'y étais, qu'est-ce que je ferais ?", s’interroge-t-il, à ce moment.
Il poursuit aussitôt : “Le front de mer de Gaza pourrait avoir une grande valeur… Si seulement les gens se concentraient sur leur développement économique. Vous imaginez... les sommes dépensées dans les tunnels, les munitions... si cet argent avait été investi dans l'éducation ou la rénovation... tout ce qui aurait pu être fait ?”.
Le Néguev… une destination idéale
L’idée de déplacer les Palestiniens a aussi été initialement suggérée par Kushner. Pour lui, le désert de Néguev serait une parfaite destination, ce qui n’est pas très différent du plan du beau-père Trump.
“La situation là-bas est un peu fâcheuse. Mais si j'étais Israël, je ferais de mon mieux pour déplacer les habitants, dans le Néguev par exemple, et nettoyer. Je ne pense pas qu'Israël serait contre leur retour ensuite”, lance-t-il lors de l’interview.
Kushner a, d’ailleurs, été l’architecte du plan pour le Moyen-Orient du président Trump, lors de son premier mandat, lequel comprenait des accords de normalisation (les accords d'Abraham) entre Israël et plusieurs États arabes.
Ressemblance troublante
Habitué aux provocations et outrances à répétition, Trump a suscité des réactions indignées de la part des Palestiniens et de plusieurs pays aussi bien arabes qu’occidentaux.
Les mises en garde ont afflué de tous bords contre ce qui pourrait être un nettoyage ethnique et serait illégal au regard du droit international.
Les similarités entre les propositions de Trump et de son gendre sont tellement inquiétantes que l’on se demande s’il s’agit juste d’une inspiration familiale ou bien d’un plan plus grand à même de “changer l’histoire” comme l’a dit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.