"Le schéma devrait être le suivant: des négociations entre les Etats-Unis et la Russie et entre les Etats-Unis et l'Ukraine", a affirmé M. Macron dans un entretien accordé à la chaîne Fox News, saluant l'annonce par Donald Trump de la possible visite prochaine du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche.
"Il faut d'abord une trêve. Je pense qu'elle pourrait être conclue dans les semaines à venir", a poursuivi, en anglais, le chef de l'Etat français, qui ces derniers jours a échangé avec la quasi-totalité des dirigeants européens.
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"Si elle n'est pas respectée, ce sera la meilleure preuve que la Russie n'est pas sérieuse", a avancé Emmanuel Macron, en marge de sa rencontre avec son homologue américain Donald Trump à la Maison Blanche, largement consacrée à la guerre en Ukraine.
Macron a par ailleurs appelé les Etats-Unis à se montrer solidaires des Européens en cas de fin des combats en Ukraine. Il a affirmé avoir parlé à 30 dirigeants européens et leurs alliés, dont beaucoup se sont dits, selon lui, ouverts à un accord.
"Si nous étions attaqués, imaginons une seconde que la Russie puisse violer ce traité. Que va-t-il se passer? Ils ont besoin de ce message de solidarité de la part des Etats-Unis", a poursuivi Emmanuel Macron.
Malgré d'énormes divergences qui persistent sur le fond, le président français a déclaré être "convaincu qu'il y avait un chemin" avec Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Droits de douane
Depuis le début de son second mandat, le président américain annonce régulièrement de nouvelles taxes sur les produits entrant aux Etats-Unis, parfois déjà entrées en vigueur (avec la Chine), parfois repoussées à une date ultérieure pour les Canadiens, les Mexicains ou encore des produits spécifiques comme l'acier, l'aluminium, plus tard les médicaments, l'automobile...
Il accuse notamment les pays de l'Union européenne - qui exporte plus vers les Etats-Unis que l'inverse - de se comporter de manière "injuste" avec son pays.
Donald Trump critique notamment le niveau de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), payée par les consommateurs dans les pays européens, qu'il a assimilée à un droit de douane supplémentaire sur les produits américains.
Emmanuel Macron a tenté d'adoucir l'humeur de son homologue vis-à-vis du bloc européen.
"Notre volonté c'est qu'il y ait une concurrence juste", "équitable", entre "nos industries", "des échanges plus fluides et encore davantage d'investissements" de part et d'autre de l'Atlantique, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune à la Maison Blanche.
Les discussions se poursuivront "entre nos ministres, nos équipes, pour clarifier les sujets qui doivent l'être" sur le plan commercial, a-t-il ajouté.
"J'espère l'avoir convaincu", a affirmé ensuite le président français, dans une interview avec la chaîne américaine Fox News.
"La TVA [de 20% en France] n'est pas un droit de douane", a-t-il notamment souligné.
"Ce n'est vraiment pas le moment d'augmenter les droits de douane, a-t-il enchaîné. Pourquoi ? Parce que l'urgence c'est d'augmenter nos dépenses en matière de défense et de sécurité. Comment voulez-vous qu'on le fasse si on est en guerre commerciale ?"
Emmanuel Macron a aussi affirmé sur Fox News avoir dit à son homologue que ce dernier ne pouvait "pas mener une guerre commerciale contre la Chine et l'Europe en même temps".
Lundi, un entretien bilatéral a aussi eu lieu à Washington au niveau des ministres des Finances, l'Américain Scott Bessent et le Français Eric Lombard.
M.Bessent a, à cette occasion, "souligné l'importance de poursuivre la longue relation transatlantique entre la France et les Etats-Unis", selon un communiqué de l'administration américaine.